L’étude qui suit met en avant les différents critères qui entrent en compte dans la perception qu’ont les salariés de l’allongement de la vie professionnelle.

Motivation & satisfaction des salariés

Tout d’abord, le facteur de motivation le plus important reste le niveau de rémunération (pour 48% des interrogés), augmentant même de 2 points par rapport à 2010. On remarquera une hausse de 5 points de l’importance de la souplesse et de l’adaptation des horaires de travail. Les autres critères, tels que les conditions de travail ou l’intérêt du métier, qui restent des critères importants (respectivement 40% et 34%), sont cependant en baisse de 2 points par rapport à l’année précédente.
Viennent ensuite 3 principaux critères de satisfaction : les relations avec les collègues de travail qui jouent un rôle prépondérant, avec 93% des interrogés considérant cela comme essentiel, l’autonomie et la responsabilité accordées dans son travail (90%), et la sécurité du lieu de travail (87%), tout en sachant que ces chiffres se maintiennent depuis 2006.

Perception de l’allongement de la vie professionnelle

En ce qui concerne  la perception de l’allongement de la vie professionnelle, 50% des français sont positifs, cela étant dû à une satisfaction globale de l’emploi actuel :

  • temps de travail95% considèrent que leur travail est intéressant,
  • 94% considèrent leurs conditions de travail acceptables,
  • 85% se sentent reconnus dans leur travail,
  • 88% continuent d’apprendre tous les jours

Du côté de l’autre moitié des répondants qui considèrent l’allongement de la vie professionnelle comme quelque chose de négatif, on constate que :

  • 58% des interrogés considèrent que le travail empiète sur leur vie et leurs projets personnels
  • 53% pensent que leurs conditions de travail sont trop dures.

Cette perception négative est en grande partie liée à la catégorie socio-professionnelle des salariés : alors que les cadres ne sont que peu  inquiets (32%) quant aux conséquences de leur emploi sur leur santé à long terme, ce n’est pas le cas des ouvriers (71%), des salariés du BTP (71%), ainsi que de ceux travaillent en alternance jour/nuit (69%). S’ajoutent à ces inquiétudes les contraintes du travail de tout à chacun, qui sont de deux types : l’une physique, concernant surtout les hommes et en particulier les ouvriers, et l’autre psychique, touchant quant à elle les cadres et notamment les femmes.
Pour pouvoir envisager l’avenir professionnel sereinement, les salariés ont donc différents critères : 89% considèrent que leur charge de travail actuelle est supportable, et qu’elle n’aura donc peu ou pas d’effets sur leur santé d’ici la fin de leur carrière, 86% d’entre eux pensent que leur hygiène de vie actuelle est bonne et donc bénéfique pour ce futur, et 86% pensent que leur travail est enrichissant.

Développement des compétences

Cependant, si les perspectives de santé sont globalement positives, les perspectives de développement des compétences sont quant à elles moins sûres : seulement 57% voient leur travail évoluer dans les années futures. Aujourd’hui, il s’avère que le développement effectif des compétences est en majorité dû au contenu du travail effectué (95%), à l’autonomie du travail (95%) et à la coopération avec les collègues (92%). Le sentiment de stagnation de l’apprentissage est dû à hauteur de 64% au manque de perspectives d’évolution et, à hauteur de 54%, au peu d’attention de la part de la hiérarchie. En conséquence, si la majorité des salariés (57%) pense être impliquée dans son travail jusqu’à la fin de sa carrière, ce sont surtout les jeunes et les cadres qui gonflent le résultat (respectivement 67% et 74%), alors que les employés (49%) et les ouvriers (52%) sont plus sceptiques.

Finalement, il s’avère que les clés du maintien de l’implication des salariés au travail sont : la santé, à hauteur de 92%, ainsi que l’expérience acquise, mais aussi la liberté de marge de manœuvre dans le travail, à hauteur de 91%, ainsi que les possibilités de faire un travail de qualité. Ce maintien de l’implication est en outre menacé par l’importance des projets personnels des salariés (70%), le manque de reconnaissance (54%) et le manque de perspectives d’évolution (55%).

Pour accompagner cet allongement 61% des salariés pensent que les formations sont prioritaires au sein de l’entreprise, 57% pensent que la gestion des générations devrait être effective. A la vue de l’allongement de la vie professionnelle, il se trouve que près d’un français sur deux envisage différemment sa carrière, notamment chez les 18-24 ans. Enfin, les salariés privilégient l’évolution de leur travail plutôt que l’aménagement de leur temps de travail : 59% envisagent de faire un bilan professionnel complet, 55% de reconvertir hors entreprise pour préserver leur santé, 40% envisagent une année sabbatique qui serait consacrée à leurs projets personnels : globalement, 45% envisagent différemment leur carrière du fait de cet allongement.

Etude menée par TNS-SOFRES & Anact auprès de 806 salariés actifs de plus de 18 ans résidents en France  : http://www.tns-sofres.com/points-de-vue/AFBBE454F810411E80EE06536F08EE5F.aspx

Stéphane Waller, MeltisPublié le 07 Juin 2011, par Stéphane Waller, Meltis

Partager :